exHumations (édition augmentée)
C’est un livre pour celles et ceux qui ont aimé à s’en dissoudre. Pour qui l’amour brûle plus longtemps que la mémoire. Volutes Paradis sous Amnésie Générale — une prière adressée au silence.

C’est un livre pour celles et ceux qui ont aimé à s’en dissoudre. Pour qui l’amour brûle plus longtemps que la mémoire. Volutes Paradis sous Amnésie Générale — une prière adressée au silence.
Métempsycose Ultimatum Parabolique est une traversée hallucinée du corps, de la mémoire et de l’âme recyclée. Une poésie de la rémanence, du vertige métaphysique, de la prière déprogrammée. Entre spirale liturgique et parole hackée, ce recueil met l’être à nu — pour qu’il puisse, peut-être, recommencer autrement.
Il y a un moment très particulier dans l’écriture. Un moment discret.Presque invisible. La phrase tient. Pas “presque”.Pas “à peu près”. Elle tient. Chaque mot est à sa place.Le rythme est juste.Rien ne dépasse.Rien ne manque. Ce moment est rare. On peut passer des heures à déplacer un mot.À enlever une virgule.À
Écrire, c’est raturer. On parle souvent de la page blanche, de l’inspiration, de la phrase qui surgit.Mais la réalité est plus discrète.Plus lente. Une grande partie de l’écriture consiste à supprimer. On enlève ce qui déborde.On retire ce qui triche.On coupe ce qui sonne juste mais ne dit
On associe souvent la sobriété à une décision morale. Un effort de volonté. Une promesse. Une posture presque spirituelle. Ce n’est pas mon cas. Je ne suis pas sobre pour être meilleur. Je suis sobre pour être précis. L’alcool n’était pas une faute. C’était un raccourci. Un raccourci vers le silence. Vers une réduction artificielle
La saturation n’est pas un effondrement. C’est un emballement. Chez moi, elle est mentale. Purement mentale. Une surchauffe du langage intérieur. Les pensées ne s’arrêtent pas. Elles se chevauchent. Se répondent. Se contredisent. Se multiplient. Ce n’est pas une seule idée insistante. C’est une prolifération. Je peux analyser une situation sous dix angles différents. Imaginer dix issues possibles. Corriger
Je parle de “voix”, mais ce ne sont pas des ennemies. Ce sont des forces. Il y a les ruminations. Les scénarios en boucle. Les dialogues imaginaires. Les regrets recyclés. Les hypothèses qui se multiplient. Le cerveau ne se tait jamais. Il rejoue. Il anticipe. Il corrige ce qui est déjà passé. Puis il y a
Je n’ai jamais écrit alcoolisé. L’alcool n’a jamais été créatif pour moi. Il ne m’a jamais donné une phrase. Il ne m’a jamais ouvert une profondeur. Il m’a simplement anesthésié. Je buvais pour faire taire les voix. Pas des hallucinations. Pas des délires. Des voix intérieures. Des reproches. Des scénarios catastrophes. Des ruminations qui tournent en
Je suis sobre depuis vingt-sept jours. Vingt-sept jours, ce n’est pas une victoire. C’est un territoire instable. Un sol qui tremble encore. Pendant des années, j’ai cru que l’alcool me rapprochait de quelque chose. D’une vérité plus nue. D’une sensibilité amplifiée. D’une profondeur que les autres n’osaient pas regarder. C’était faux. L’alcool ne m’a
J’ai été alcoolique. Pas l’alcoolique mondain. Pas le buveur inspiré. Pas le romantique mélancolique avec un verre de trop. Un alcoolique fonctionnel. Lucide le jour. Effondré le soir. Je buvais pour ralentir le monde. Pour étouffer la tension. Pour faire taire cette accélération permanente à l’intérieur de moi. Ça ne l’a jamais éteinte. Ça l’a déformée. L’alcool